Mobilité Nouveauté en Romandie: ils ne font rien comme Uber

2018-05-08

Mobilité  Nouveauté en Romandie: ils ne font rien comme Uber
Nouvelle venue en Suisse romande, la société Driven chasse sur les plates-bandes du géant californien.

À 36 ans, le Genevois Olivier Fouvy voit grand. Avec son associé, Mohab Kamel (un ex-trader dans le pétrole), cet ancien banquier souhaite conquérir le marché romand, puis suisse, dans le domaine du transport en voiture avec chauffeurs professionnels, via leur app: Driven. Active dans la ville et le canton de Genève depuis octobre dernier, leur société vient d’obtenir une autorisation d’exploiter dans l’agglomération lausannoise, où elle est reconnue comme «central d’appel» pour des courses. Tout comme un certain Uber…

«Nous estimons que le marché est suffisamment grand dans ce domaine pour venir nous frotter à des concurrents, déclare Olivier Fouvy. Et nous avons nos spécificités qui nous différencient de cette multinationale.» Par exemple? «La valorisation des chauffeurs», répondent en duo les deux associés, dans leur bureau genevois. Même si la raison sociale derrière Driven, et baptisée Umov-e Sàrl, est enregistrée à Nyon (VD). «Cela remonte à 2016, lorsque j’ai lancé un business de location de voitures pour des chauffeurs professionnels, explique Olivier Fouvy. À cette époque, la loi cantonale genevoise rendait cela compliqué, c’est pourquoi j’avais enregistré l’entreprise en terres vaudoises.»

Lister ses chauffeurs favoris

Ce trentenaire a d’ailleurs aussi expérimenté la profession de chauffeur avant de se lancer dans l’aventure Driven. «Entre l’arrivée d’Uber sur le marché et mon vif intérêt pour les bagnoles et la technologie, ça m’a motivé, se rappelle Olivier Fouvy. Et j’ai en effet travaillé comme conducteur pour Uber. J’ai alors passé mon permis professionnel et utilisé un tachygraphe. Cela m’a permis de bien comprendre le contexte et j’ai pu saisir les attentes des chauffeurs ainsi que celles des passagers.» Il s’enorgueillit de cette expérience pour faire la différence désormais.

«Sur notre app Driven, il y a une fonctionnalité pour lister ses chauffeurs favoris, détaille Olivier Fouvy. Cela permet à ces derniers de fidéliser une clientèle grâce à leurs qualités, et sans subir la pression d’une notation souvent subjective.» Ce que Mohab Kamel et Olivier Fouvy appellent «la tyrannie de l’app», dont ils disent souhaiter libérer les professionnels du volant.

Ces mêmes chauffeurs, indépendants, sont auparavant reçus un par un pour un entretien avant de pouvoir collaborer avec la plateforme numérique et proposer des courses. Selon Mohab Kamel, l’erreur de Lyft ou d’Uber est d’avoir tout misé sur le prix à la clientèle, au détriment des chauffeurs de qualité. Eux veulent miser dessus, en ne ponctionnant que 15% de commissions (contre 25 chez Uber) et en faisant payer la TVA aux passagers. Le tarif minimum d’une course est aussi de 10 fr. (6 fr. chez le concurrent californien).

Interrogé, un chauffeur indépendant à Lausanne nous a indiqué que la plupart d’entre eux jonglent désormais avec les app concurrentes d’Uber et de Driven, ce qui leur permet d’avoir un revenu correct. (Le Matin)

Créé: 08.05.2018, 06h56



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