Technologie Bientôt la fin des sondages de mobilité?

2018-06-21

Technologie  Bientôt la fin des sondages de mobilité?
L’étude en cours visant à analyser les déplacements des automobilistes vers le Grand Genève pourrait être remplacée à terme par l’exploitation des signaux émis par nos téléphones. Explications.

«On y a eu droit aussi à Saint-Gingolph (F) mardi à 7 h 15: 52 min pour parcourir 8 km!!!» A l’instar de cette frontalière, nombreux sont les lecteurs à avoir réagi, en connaissance de cause, à notre article d’hier révélant l’existence d’un sondage sur la mobilité mené depuis le début du mois par de mystérieux «enquêteurs». Leur cible: les automobilistes circulant en direction du Grand Genève; une agglomération qui a formellement vu le jour il y a six ans, et qui s’étend jusqu’à Rolle (VD), mais aussi à la France voisine (principalement la Haute-Savoie, jusqu’à Thonon et Cluses).

Problème: les panneaux de signalisation utilisés en Suisse pour prévenir les conducteurs d’un feu de circulation au temps d’attente démesuré (qui génère des bouchons importants) sont français. Tout comme la société (privée) qui a remporté le marché public portant sur la réalisation de cette étude. «C’est le Groupement local de coopération transfrontalière (ndlr: une structure de gouvernance franco-valdo-genevoise, dont le siège est en Suisse) qui s’est chargé de lancer cet appel d’offres», précise le directeur vaudois de la mobilité et des routes, Pierre-Yves Gruaz. «Deux entreprises (françaises) y ont répondu, et l’un d’elle a remporté le mandat.» Et d’indiquer que la Suisse romande ne comptait que deux «points d’enquête», aux portes du district de Nyon (en venant de Lausanne). Les dix-huit autres sont concentrés dans l’Hexagone.

Mais pourquoi avoir fait usage de panneaux aux normes européennes, sur fond jaune? «Nous avions eu un contact avec la société en question: nos inspecteurs avaient donné des recommandations, notamment d’utiliser une signalisation suisse. Force est de constater qu’elles n’ont pas été suivies…», poursuit le chef de service. «Suite à un contrôle effectué sur place, l’un de nos collaborateurs a fait compléter (voire remplacer) les panneaux européens par une signalisation conforme aux normes fédérales.»

«D’où venez-vous, où allez-vous, pour quel motif et… quel est votre opérateur téléphonique?» demandent les sondeurs aux automobilistes perplexes, déjà contraints d’être à l’arrêt pendant 6 à 8 minutes. «Il nous est important de connaître la part de marché de Swisscom dans ces secteurs», explique Pierre-Yves Gruaz. «Cela nous permettra de savoir, dans le cadre d’une analyse des flux des téléphones mobiles de cet opérateur, si l’échantillon de la population est suffisamment représentatif; respectivement, de définir et d’appliquer un facteur de correction sur les résultats.» En d’autres termes, le géant bleu vendrait alors aux collectivités publiques concernées les données brutes de déplacement de ses clients. «C’est un moyen d’avenir pour ces enquêtes origine-destination; et ce dans le respect des règles de l’anonymat», assure le chef de service.

Une technique qui aurait déjà fait ses preuves dans le cadre d’études menées dans l’est lausannois et à Montreux. Et qui éviterait en tout cas aux conducteurs matinaux d’arriver en retard sur leur lieu de travail ou de formation. (Le Matin)

Créé: 21.06.2018, 18h28



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