Vaud Pas tout à fait en règle, le toboggan

2018-07-11

Vaud  Pas tout à fait en règle, le toboggan
Notre enquête sur les responsabilités partagées dans le dossier des blessés du Summerslide de Pully (VD), en 2017, dévoile qu’une dénonciation pénale a été déposée.

L’affaire des dizaines de personnes blessées en glissant sur l’attraction aquatique Summerslide, fin août 2017, au bord du Léman, se transforme en serpent de mer. Et elle réserve encore des surprises.

Alors que l’organisateur, la commune de Pully, et la police vaudoise ont déclaré que tout semblait en règle à l’été 2017, pour expliquer les deux autorisations (communale et cantonale) délivrées, «Le Matin» a appris qu’il n’en était rien. Après avoir eu vent de la série d’incidents, la police cantonale du commerce a investigué sur l’organisateur (Promotion Tools) et son événement ludique payant, à l’aune de la législation. «Nous avons alors découvert que la société exploitante n’était pas au bénéfice d’une autorisation de commerçant itinérant, de type forain, en application de la loi fédérale», dévoile le porte-parole.

Cette autorisation aurait dû être requise auprès du canton du siège social de l’entreprise concernée, soit Zurich. Mais tel n’a pas été le cas. Avec l’accord du SECO, la police du commerce a donc dénoncé pénalement la société pour «défaut d’autorisation de commerçant itinérant». Il faut souligner que la police cantonale du commerce n’avait pas été saisie lors de la demande d’autorisation de manifestation, faite par le biais du portail numérique du canton de Vaud, intitulé POCAMA.

Contacté, le procureur général vaudois, Éric Cottier, confirme qu’une dénonciation a été déposée. Et ce, en parallèle à une plainte pénale, déposée par un individu blessé qui se considère lésé. Son avocat, Me Albert Habib, ne se prononce pas sur cette procédure en cours. Mais il se demande quelles mesures d’encadrement avait prévues Pully face à un événement d’une telle ampleur, et comportant des risques clairement annoncés. «Je pense qu’il y a un devoir de surveillance et de protection des administrés lors d’activités soumises à autorisation», déclare Me Habib, qui évoque une possibilité de recourir encore au niveau civil. «Pour ce type d’activités ludiques et éphémères, il n’existe pas de normes légales précises et contraignantes en Suisse, souligne cependant le porte-parole de la police vaudoise Jean-Christophe Sauterel. C’est au constructeur et à l’exploitant avant tout de faire les vérifications selon la «bonne pratique» en vigueur.»

Et d’expliquer que, si ça se passe sur un plan d’eau, c’est à un service cantonal de superviser, alors que, si c’est sur la terre ferme, c’est à la commune concernée. (Le Matin)

Créé: 11.07.2018, 15h10



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