Tessin Affaire «Argo 1»: fonctionnaires blanchis

2018-12-06

Tessin  Affaire «Argo 1»: fonctionnaires blanchis
Deux fonctionnaires du Département tessinois des Oeuvres sociales ont fait preuve de négligence et de manquement dans la gestion de l’affaire mais n’ont pas été corrompus.

Le Ministère public tessinois a émis jeudi un décret d’abandon contre deux fonctionnaires tessinois et deux employés de la société tessinoise de sécurité Argo 1. Ils avaient été accusés de corruption, corruption passive et de gestion déloyale de biens publics.

Selon le procureur Andrea Pagani qui a rencontré la presse jeudi matin à Bellinzone, les deux fonctionnaires du Département tessinois des Oeuvres sociales ont fait preuve de négligence et de manquement dans la gestion de l’affaire mais n’ont pas été corrompus par l’ex-directeur et l’ex-administrateur de la société Argo 1, chargée de la surveillance des centres de requérants d’asile au Tessin.

L’enquête contre les quatre hommes désormais blanchis des chefs d’accusation avait été ouverte par le Ministère public tessinois en mai 2017 après les remous suscités par le scandale dit Argo 1. La société avait été recrutée par le canton directement sans appels d’offres et sans répondre aux critères de base minimaux.

L'enquête avait dans un premier temps été conduite par le procureur général John Noseda. A son départ à la retraite, en juillet dernier, elle a été reprise par Andrea Pagani.

Deux enquêtes encore ouvertes

Les investigations menées sur les comptes bancaires des personnes sous enquête ainsi que les perquisitions à leurs domiciles n’ont rien donné. Elles ont ainsi mené à la conclusion que les accusations n’étaient pas fondées.

En l’occurrence les fonctionnaires cantonaux ont agi «avec légèreté mais leur comportement n’est pas de nature pénale. En choisissant de confier la surveillance des centres de requérants d’asile tessinois à la société Argo 1» (entre-temps dissoute), «qui avait offert ses services à 35 francs à l’heure contre 48 francs demandés par la concurrence, les deux fonctionnaires étaient convaincus qu’ils pouvaient réaliser une économie pour les finances cantonales» a encore précisé le procureur. Il n’y a donc pas non plus dol éventuel car il manquait la motivation.

Deux autres enquêtes sont encore ouvertes dans cette affaire qui avait secoué le Tessin et avait éclaté au grand jour en février 2017 après une vaste rafle antiterrorisme effectuée par le Ministère public de la Confédération et celui du Tessin.

Deux personnes avaient alors été arrêtées dans le cadre de deux procédures diverses. L’un d’eux était le directeur de l’ex-société Argo 1. Il avait été accusé de maltraitance et de violence contre un requérant d’asile. Un employé de cette même entreprise, un ressortissant turco-suisse, a entretemps été condamné par le Tribunal pénal fédéral de Bellinzone pour recrutement de membres destinés à rejoindre les organisations islamistes. (ats/nxp)

Créé: 06.12.2018, 14h07



Partager via Whatsapp