Editorial Hausse des franchises: une grosse erreur de diagnostic

2019-03-14

Editorial  Hausse des franchises: une grosse erreur de diagnostic
Le référendum contre l'augmentation des franchises sera la prochaine bataille autour de la santé. Mais celle-ci est atteinte d'un mal bien plus profond: sa culture de la richesse.

L'argument de la droite pour augmenter la franchise de 50 francs à Berne est qu'elle dissuadera les gens de se rendre chez le médecin pour des broutilles. On veut «responsabiliser» une population vaguement définie d'hypocondriaques, de douillets ou d'angoissés, qui ont recours à la «bobologie». Encore une fois, comme dans d'autres assurances sociales, on trouve un bouc émissaire pour justifier des mesures, qui aboutiront à d'hypothétiques économies. La seule conséquence mesurable d'une augmentation de franchise, c'est que les assureurs rembourseront moins, tout en encaissant toujours autant. Et les patients paieront plus.

Des marges ahurissantes

Augmenter la franchise pour réduire les coûts de la santé, c'est comme couper les ongles d'un paraplégique en espérant qu'il va remarcher. Le problème numéro un de la santé en Suisse, c'est sa culture profonde de la richesse. A cet égard, les grands groupes pharmaceutiques mériteraient aussi d'être «responsabilisés». Mais, malgré leurs marges ahurissantes sur les nouveaux médicaments contre le cancer, cela reste un sujet tabou à Berne. On passe des heures à débattre d'une hausse de franchise de 50 francs tous les quatre ans, en espérant économiser 200 millions de francs, alors qu'un seul médicament contre le cancer de Roche fait déjà une marge équivalente!

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