Suisse Le SRC décrotique toute une série de menaces

2019-05-24

Suisse  Le SRC décrotique toute une série de menaces
Outre l'espionnage russe et chinois, le Service de renseignement de la Confédération s'inquiète du potentiel de violence à l'extrême droite et à l'extrême gauche.

L'extrême droite et l'extrême gauche sont dans le viseur du Service de renseignement de la Confédération (SRC). Un potentiel de violence existe. L'espionnage russe et chinois suscite aussi des inquiétudes.

«Le monde a déraillé.» La ministre de la défense Viola Amherd reprend cette expression dans le rapport annuel sur la sécurité. Elle y souligne que l'environnement politico-sécuritaire global est devenu plus fragmenté et complexe, plus difficile à appréhender. Le SRC se penche sur toute une série de menaces.

Renouveau à l'extrême droite

L'an dernier, il a constaté une forte recrudescence des événements dans le domaine de l’extrémisme de droite. Les milieux suisses connaissent un renouveau. Plusieurs groupes disposent désormais de sites Internet accessibles au public. Dans le canton de Vaud, l’un d’eux a même ouvert son propre local.

La plupart des actions, à l’image des patrouilles de protection de la population autochtone, sont d'abord des opérations de propagande. Ces milieux possèdent d’importantes quantités d’armes fonctionnelles. Leurs membres s’entraînent en outre à la manipulation d’armes à feu et aux sports de combat.

L'extrême droite continue d’agir dans le plus grand secret pour éviter, comme en Valais, qu'un concert soit annulé face aux réactions de l’opinion publique.

Cette pression publique contribuera probablement à un repli dans l’ombre plus marqué, risquant de donner lieu à de violentes réactions de frustration, note le SRC. Le potentiel de violence pourrait se concrétiser dès l’instant où ces milieux identifieront un point de ralliement autour d’un sujet d’actualité comme une hausse de l'immigration ou un attentat djihadiste.

Lutte avec l'extrême gauche

Les extrémistes de droite pourraient en outre réagir violemment aux actions à leur encontre de l’extrême gauche. Le potentiel violent de cette dernière demeure élevé. En témoigne la contre-manifestation organisée en novembre à Bâle.

Plusieurs thématiques susceptibles de faire l’objet de campagnes sont prioritaires pour les extrémistes de gauche, comme celle menée contre la prison de Bässlergut à Bâle. Plusieurs autres situations sont susceptibles de dégénérer.

Les extrémistes de gauche peuvent profiter de rassemblements de personnes pour passer à l'acte sous couvert de la foule et agresser la police. La violence ciblée risque de ne pas servir uniquement à des actions de protestation symboliques ou à provoquer des dégâts, mais aussi à mener des actes de sabotage.

Retour de Syrie

Le SRC voit également un danger dans le départ de militants vers les zones kurdes de Syrie. Il faut s’attendre à des retours d’individus susceptibles d’avoir acquis de nouvelles capacités, par exemple en lien avec les armes et les explosifs, ou plus enclins à la violence que par le passé.

Une recrudescence marquée des incidents en lien avec les extrémistes de la cause animale a en outre été observée en 2018. Plusieurs actions contre la chasse ont été menées notamment à Zurich. La lutte contre la consommation de viande a conduit à de nombreux dégâts matériels en Suisse romande. Six entreprises ont été attaquées au cours d’une même nuit à Genève.

Espions russes et chinois

L'espionnage est aussi une préoccupation du SRC. Le phénomène a gagné en importance. La grande majorité des recherches spéciales soumises à autorisation et avalisées l'an dernier concernent ce domaine.

Une persistance des activités d’espionnage russes a été constatée. La Suisse serait actuellement l’un des points névralgiques en Europe. Près d’un tiers des diplomates accrédités actuellement sont des membres avérés ou soupçonnés des services de renseignement russes. Sans compter les collaborateurs séjournant temporairement en Suisse.

Pékin ne serait pas en reste, notamment dans l'espionnage économique. Les conclusions relatives aux incidents constatés jusqu’à présent en Suisse suggèrent l’implication de plusieurs groupes de hackers récemment associés aux services de renseignement chinois. Des services de renseignement étrangers pourraient jouer un rôle dans la préparation, l’exécution et le suivi de délits graves tels que des enlèvements ou assassinats commandités par des États.

Menace terroriste élevée

La menace terroriste islamiste reste quant à elle élevée. La Suisse est par ailleurs concernée, tout comme ses voisins européens, par le traitement des cas de djihadistes sortis de prison ou de personnes radicalisées en détention, ainsi que par les voyageurs de retour du djihad. (ats/nxp)

Créé: 24.05.2019, 11h09



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