Vevey (VD) Violences sur bébé: une nounou condamnée

2019-05-24

Vevey (VD)  Violences sur bébé: une nounou condamnée
Une maman de jour, excédée, a battu un nourrisson qui a dû être hospitalisé, en 2014. La justice l'a punie vendredi.

Le doute: c'est ce qu'a plaidé mardi Aba Neeman, avocat d'une nounou accusée depuis 2014 d'avoir battu un nourrisson alors âgé de huit à dix mois. Fractures du bras, à la jambe, marques au visage: médecins et experts ont été clairs. L'enfant, hospitalisé du 16 au 21 octobre 2014, a été battu, voire projeté au sol notamment.

Premiers accusés, les parents ont déposé plainte contre la maman de jour, une Marocaine séjournant depuis peu en Suisse. Elle avait été formée par sa commune de domicile. Ses contrôleurs comme les autres parents qui lui ont confié leurs enfants sont élogieux. Il a fallu deux audiences au Tribunal de police de Vevey sur une année pour tenter d'y voir plus clair.

La prévenue de lésions corporelles simples qualifiées a présenté six versions différentes de ce qui aurait pu se passer, en plusieurs fois, entre juillet et mi octobre 2014. Elle a aussi jeté le discrédit sur les parents, stressés par leur travail, les grands parents, domiciliés à l'étranger, voire une baby-sitter. Elle s'est vue retirer son droit de garder des enfants. Elle est dépressive depuis lors et cherche à obtenir l'AI.

Une accusée «peu crédible»

Le procureur Karim Ben Amor n'a pas de doutes de son côté. Les parents sont hors de cause. Et c'est au retour de sa nounou que le bébé présentait des signes de maltraitance et pleurait sans cesse. Pour l'accusation, la quadragénaire, qui faisait un déni de grossesse à cette période, a maltraité l'enfant, lui donnant des coups, des tapes en le pinçant et en le projetant au sol. Il a exclu une chute ou l'intervention d'autres gosses.

Il a requis 300 jours amende avec sursis de quatre ans contre l'accusée, «peu crédible » à ses yeux. «Rien ne l'implique. Rien ne dit qu'il qu'il s'agit d'un acte délibéré», a repris au vol la défense en ne voyant pas pourquoi on écartait les soupçons pour tout le monde sauf pour sa cliente. «Le gosse pleurait souvent. Il dormait mal. Ce n'était facile pour personne. On ne saura jamais ce qui s'est passé. Le père s'est retrouvé seul deux semaines avec l'enfant, cela pourrait aussi être lui», a insinué l'avocat.

Il a non seulement réclamé l'acquittement mais 10'000 francs de tort moral et le remboursement de 33'000 francs de gains perdus par sa cliente sans emploi. «J'ai beaucoup aimé cet enfant», a-t-elle conclu. La présidente Sandrine Osojnak avait donc le choix entre la condamnation ou la libération au bénéfice du doute. Elle a finalement tranché pour une condamnation vendredi et suivi les réquisitions du procureur. Elle a jugé les explications successives de la condamnée peu crédibles. Elle a retenu des circonstances particulières, comme la grossesse et les angoisses de la nounou, épuisée.

A la condamnation avec sursis s’ajoutent 30'000 francs de frais de justice et 5000 francs à verser aux parents, un montant que la quadragénaire sans emploi aura du mal à payer. (Le Matin)

Créé: 24.05.2019, 14h36



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