Berne Vent de fronde contre le président du PDC Gerhard Pfister

2019-06-18

Berne  Vent de fronde contre le président du PDC Gerhard Pfister
Des élus au Conseil national ont de plus en plus de peine avec leur président. Ils lui reprochent de faire selon son bon vouloir sans se soucier des prises de position au sein du groupe.

La semaine dernière, le président du PDC Gerhard Pfister (PDC/ZG) a refusé le contre-projet indirect à l'initiative «Entreprises responsables». C'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase chez certains élus PDC du Conseil national. Leur président agit à sa guise et son attitude intraitable lui vaut des critiques que certains n'hésitent plus à exprimer.

De l'éthique dans les entreprises

Le 13 juin, lors des débats sur l'initiative, Claude Béglé (PDC/VD), Benjamin Roduit (PDC/VS) et Dominique de Buman (PDC/FR sont montés tour à tour à la tribune du National pour exprimer ce besoin d'éthique dans les activités des entreprises suisses qui travaillent dans le monde entier. Au sein de la fraction du PDC, une quasi majorité s'est prononcée un faveur du contre-projet indirect, qui laisse la porte ouverte à un compromis avec les initiants. L'UDC et le PLR étaient majoritairement contre, mais ils ont échoué.

Au moins s'abstenir

Avec deux autres parlementaires PDC, Gerhard Pfister a voté non à l'inverse des 26 élus du groupe qui ont voté oui. «C’est frustrant de voir notre président vouloir faire le jeu du PLR ou de l’UDC sur un tel sujet, réagit un parlementaire. Il aurait pu au moins s’abstenir. La seule explication serait qu'il n'a pas voulu contrarier la multinationale Glencore qui a son siège à Baar (ZG) dans son canton...»

Contre le Conseil de sécurité de l'ONU

Mais ce n'est pas le seul sujet qui a dérangé au sein du PDC. En début de session, Gerhard Pfister a fait la proposition au groupe de se rallier à la motion de l'UDC qui demande que le Conseil fédéral renonce «définitivement à présenter la candidature de la Suisse au Conseil de sécurité de l'ONU». Il n'a trouvé personne pour le suivre sur cette voie. Le groupe a voté 20 à 0 contre son idée.

Perte de crédibilité

Le Conseil national doit voter ce jeudi sur cette motion de l'UDC défendue par Roland Rino Büchel (UDC/SG). D'aucuns attendent de voir ce qu'il va faire à cette occasion: «Sa position est intenable s'il s'avise de suivre l'UDC, regrette un autre élu. En tant que président, comment pourrait-il dès lors demander de respecter des consignes de vote, si lui fait comme bon lui semble ? Il perd sa crédibilité».

Critiques infondées

«Pas du tout!» rétorque Gerhard Pfister, visiblement très agacé par cette contestation. Président ou pas, il entend disposer de sa liberté de vote: «Ceux qui me critiquent usent de cette liberté plus que moi... Et je préfère qu'on me critique en face plutôt qu'à travers les médias». Justement, certains s'y sont risqués et il ne leur parle plus... «C'est un homme brillant et engagé, reconnaît un troisième élu, mais il ne peut pas être à ce point en porte-à-faux avec son propre groupe».

(Le Matin)

Créé: 18.06.2019, 16h36



Partager via Whatsapp