Le plateau suisse est à sec

2017-04-12

Le plateau suisse est à sec

Plusieurs incendies se sont déclarés ces derniers jours dans diverses régions du pays: la série noire a débuté la semaine passée dans les cantons de Bâle-Campagne et Soleure, puis lundi dans les communes de Bremgarten (BE) et Pontresina (GR). Mardi, des feux ont entamé les forêts de Faido en Léventine (TI) et de la commune schwytzoise de Gersau.

Ces incendies sont la conséquence d’une sécheresse exceptionnelle qui touche la Suisse depuis plusieurs mois. Selon Météo Suisse, la période entre décembre et mars a été la plus sèche depuis 25 ans sur le Plateau. Les régions de Bâle et Schaffhouse sont les plus touchées, affichant un déficit de précipitations jamais vu depuis 40 ans. L’arc lémanique n’est pas en reste. «La station de mesures de Pully indique un tiers de précipitations en moins que la moyenne. Celle de Genève Cointrin mesure un niveau diminué de moitié», précise Olivier Duding, prévisionniste à Météo Suisse.

Au Tessin et dans les vallées du sud des Grisons, les feux de plein air sont interdits et le danger d’incendie est très marqué (degré 4 sur 5). En Valais, plusieurs régions dont Martigny, Verbier et le val d’Hérens sont marquées par un niveau de danger de degré 3, de même que l’arc jurassien, une partie du canton de Lucerne et pratiquement l’ensemble de l’est de la Suisse. Le canton de Vaud a lancé mercredi un appel à la vigilance. «Nous n’en sommes pas encore à l’interdiction des feux, mais nous appelons à la prudence, souligne Sébastien Levy, responsable prévention des dangers naturels du canton de Vaud. Nous demandons à ce que les personnes qui allument un feu dans les espaces consacrés fassent bien attention, surtout lorsqu’ils quittent le foyer. Même consigne pour les allumettes, cigarettes ou mégots.»

Genève à sec

A Genève, aucune communication n’a été faite en ce sens. «Mais toutes les autorités compétentes restent vigilantes», précise Emmanuelle Lo Verso, porte-parole du département de la sécurité et de l’économie. L’indice de sécheresse de Météo Suisse indique également que la région genevoise fait partie de celles qui présentent le plus gros déficit hydrique, c’est-à-dire les mesures d’eau et d’humidité les plus basses.

Selon la carte de Météo Suisse, Genève présente un déficit hydrique tant pour le mois passé que les six derniers, en surface comme en profondeur. Une situation qui cause «bien du souci» aux agriculteurs du canton. «Ce manque de précipitations pose de réels problèmes, en particulier avec certaines cultures de printemps, confirme François Erard, directeur d’AgriGenève, l’Association faîtière de l’agriculture genevoise. Il est bientôt le temps de planter les cultures de tournesol, par exemple, mais avec des sols aussi secs c’est quasi impossible.» Même constat pessimiste pour les légumes de plein champs, qui nécessiteront probablement un arrosage. «Cela va augmenter les coûts de production, ajoute François Erard. Ajoutez à cela qu’avec ces températures exceptionnellement élevées, les vignes sont déjà sorties. Nous redoutons un coup de froid qui gèle les fruits. Bref, pour l’instant, nous sommes inquiets.»

Pas de tendance

Les sécheresses semblent se suivre au cours de ces dernières années. Faut-il s’habituer à cet effet du changement climatique? «Sur le long terme, on ne peut pas dégager de tendance significative, répond Olivier Duding. Nos mesures ne permettent pas de constater une évolution de la situation: globalement, elle reste stable au fil des années. La seule observation à souligner, c’est qu’on vit en moyenne des périodes sèches plus longues, suivies de périodes humides qui s’étendent elles aussi sur une plus grande durée.» Ainsi, la moyenne des précipitations reste stable sur une année.

La situation ne devrait guère s’améliorer au cours des prochains jours. Les chutes de pluie prévues samedi ne suffiront pas. «Les précipitations ne devraient pas dépasser les 2-3 mm, alors qu’il en faudrait 30 pour alimenter correctement la végétation, précise le météorologue. Ce n’est pas prévu, en tout cas pour les 5 à 7 prochains jours.» (24 heures)

Créé: 12.04.2017, 22h02



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